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L’aide à la communication entre auteurs et victimes, un service de pointe fortement sollicité en FWB

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L’aide à la communication entre auteurs et victimes, un service de pointe fortement sollicité en FWB

Durant l’été 2018, l’avocat Bruno Dayez, déclarait à la presse que « rien n'était entrepris en Belgique pour faciliter un dialogue possible entre les criminels et leurs victimes » ; on serait, d’après lui, « à la préhistoire en matière de justice réparatrice ».
Cette question du dialogue entre auteurs et victimes est revenue au-devant de l’actualité en décembre dernier dans le cadre de la demande de libération conditionnelle introduite par Michel Lelièvre. L’Administration générale des Maisons de justice (AGMJ) a souhaité y répondre en apportant des précisions.

L’AGMJ subsidie(*) l’asbl Médiante, un service d’aide à la communication entre justiciables concernés par une même infraction pénale (le plus souvent auteur et victime, mais aussi éventuellement les proches de ces derniers). Dans ce cadre, ceux-ci entament un processus de communication, dans l’esprit de la justice réparatrice, avec l’aide d’un médiateur agréé. En Fédération Wallonie-Bruxelles, ce service est actuellement assuré par Médiante, composée de 18 professionnels spécialisés (criminologues, psychologues, assistants sociaux,…).

En 2018, Médiante a enregistré 738 demandes de médiation qui ont généré 1284 mises en communication, c’est-à-dire que tant l’auteur que la victime (ou les proches de cette dernière) ont accepté de s’inscrire dans une démarche de communication. 539 ont été clôturées dans l’année en impliquant 337 auteurs détenus.

Loin de se situer à la « préhistoire », la Belgique joue donc un rôle de pionnier en matière de communication entre auteur et victime. En effet, les pratiques de  justice réparatrice existent depuis 1998, soit un an avant la publication de la première Recommandation européenne sur la médiation pénale.

Les chiffres attestent que les services proposés par Médiante sont largement sollicités. En effet, entre 2008 et 2018,  6431 médiations ont été mises en œuvre effectivement  dans tous types de fait y compris les plus graves (meurtres, abus sexuel,...). Parmi celles-ci, 5331 ont  connu une issue positive soit 83,5%.

Dans ce service d’aide à la communication entre auteurs et victimes d’infraction organisé par Médiante, il  est question d’un processus qui permet aux parties impliquées dans une procédure pénale de recourir à un tiers neutre en vue de gérer de manière concertée les difficultés relationnelles et matérielles résultant de l’infraction.

Cet espace de communication offert à tous les stades de la procédure peut, selon les situations, permettre :
•    Des échanges d’informations et/ou la négociation d’engagements personnels susceptibles d’apporter clarification et apaisement ;
•    La négociation d’une forme de réparation ou de dédommagement ;
•    L’expression d’émotions dans des faits graves où la réparation au sens strict n’est pas concevable ou ne suffit pas.
L’expérience montre que ce service à disposition des justiciables présente un intérêt certain pour les victimes.

(*) En application du décret du 13/10/2016 relatif à l’agrément et au subventionnement des services partenaires apportant de l’aide aux justiciables.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de MEDIANTE, www.mediante.be

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