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« Le poids des victimes, nous le portons ensemble »
Jean Poucet

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« Le poids des victimes, nous le portons ensemble »

Ce mardi 7 novembre, la Maison de Justice de Bruxelles accueillait Ingrid Sanders de la Police fédérale pour une conférence/débat dans le cadre d’un de ses « Midi de la Justice ». Devant un public d’assistants de Justice, elle est revenue sur son rôle après les attentats de Bruxelles.

Détachée du service de la zone aéroportuaire au Parquet dans le cadre de l’instruction en cours sur les attentats du 22 mars 2016, Ingrid Sanders était l’invitée de la Maison de Justice de Bruxelles ce 7 novembre. Elle est venue y expliquer son rôle de coordination et de recherche dans le cadre d’un « Midi de la Justice », un rendez-vous thématique créé en 2011.

« Ingrid Sanders a joué un rôle considérable dans la facilitation du travail de nos services d’accueil des victimes, en particulier dans le cadre des attentats de Maelbeek et de Zaventem, a introduit Marie-Nathalie D’Hoop, directrice de la Maison de Justice de Bruxelles. Cette collaboration avec le pouvoir fédéral est quelque chose d’entièrement nouveau. Elle nous a permis d’atteindre un bon niveau de crédibilité auprès des magistrats impliqués dans ce dossier. En retour, elle a pu découvrir notre MJ et son fonctionnement ». 

Collaboration inédite

Bien connue des assistants de Justice du Service d’accueil des victimes de Bruxelles, l’enquêtrice a effectué un travail titanesque ces derniers mois. Personnellement touchée par les attaques, puisqu’elle travaillait à l’aéroport de Zaventem le jour de l’explosion, elle n’a eu de cesse de retrouver des objets personnels appartenant aux personnes touchées et d’organiser des sessions de présentation d’images.

« Pour moi, le 22 mars est le jour où le monde s’est arrêté. Toute la Belgique était en silence, partage Ingrid Sanders. Depuis le 2 mai 2016, je suis « first line responder » à la Cellule Victimes. J’ai dû créer mon poste, il n’y avait pas d’équivalent. Face à ces évènements tragiques, nous avons dû penser autrement. C’est dans cette optique que nous avons choisi de travailler main dans la main avec les assistants de Justice, le Parquet, et les magistrats. Nous sommes devenus une équipe tous ensemble, néerlandophones et francophones. Le poids des victimes, nous le portons ensemble ». 

Au total, 600 personnes se sont constituées partie civiles. Un an et demi après, 1361 personnes issues de près de 60 pays ont été reconnues comme victimes. « Ce sont à la fois les personnes qui ne sont plus là, mais aussi leurs proches, les blessés et les personnes traumatisées. On m’a demandé une liste, je pense qu’elle ne sera jamais complète, poursuit l’enquêtrice. Je dois dire que la collaboration et l’échange d’informations entre tous les acteurs impliqués ont été impressionnants. Je nous appelle le triangle magique (Cellule Victimes, AJ, juge d’instruction). Au milieu se trouvent les victimes, ce sont elles les plus importantes ».

Et Marina D’Hoop de conclure : « Chacun a assuré sa place dans la chaîne, cela a permis un saut de qualité incroyable. A la Maison de Justice, nous travaillons surtout avec les auteurs de faits. C’était important de faire venir les victimes ici à rue de Birmingham ». 

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